26 janvier 2014

Silver lining in Laos

Le Laos, c'est un beau pays, mais comme souvent dans les voyages, tout ne roule pas comme on le voudrait. La voiture est tombée en panne, on a roulé au pas pendant des heures, et quand il atteignait les 60 km/ heure, le chauffeur prenait peur et ralentissait.
Le pire, c'est quand on a atteint Nong Khiau. Village encaissé entre de hautes montagnes, au bord d'une très jolie rivière, la Nam Ou. La Nam Ou, a part servir d'autoroute entre les villages reculés et Nong Khiau, est un affluent du Mékong. 
Quand on part chercher l'exotisme, on le trouve.

Oui, mais on voudrait bien aussi que tout se déroule comme l'a dit le programme. Si le programme le dit c'est que ça ne peut être que comme ça et pas autrement. Et voilà que le bel hôtel ou une chambre est réservée pour nous depuis longtemps a donné Notre Chambre a quelqu'un d'autre.
Grr...
-"Allez de l'autre côté de la rivière, vous allez voir, il y a un bel hotel tout neuf, très beau, avec une piscine", (comble du luxe dans cette région reculée). Bon, on est pas très contents, mais on y va.
Nous sommes accueillis par un allemand charmant, qui maitrise le français. Il est désolé, il a séminaire yoga-méditation. Toutes ses chambres sont prises. Pas si reculée que ça, on dirait la région?
Re-grr, très marqué du côté de Monsieur Garden.
On nous balade encore de guest house en petit-hôtel-qui-ne-paye-pas-de-mine. Monsieur Garden explose.
-"Puisque c'est ainsi, nous rentrons a Luang Prabang! Tant pis pour de nouvelles longues heures de route! Nous rentrons, c'est dit!"
Il ne veut plus avancer, reste renfrogne au fond de la voiture. Je vais seule voir un autre endroit, pas très accueillant de l'extérieur, la chambre est tout a fait correcte. Mr Garden vient voir, on se dit que pour une nuit seulement, c'est pas si mal et que l'on pourra poursuivre le voyage comme prévu.

La chambre est bien, on entend un peu beaucoup la télé de la chambre d'a côté, le son trop fort. Mais de grands tissus oranges sèchent sur la terrasse,  on ne dit rien pour le bruit.
On se promène dans le jardin, c'est beau, c'est le long de la rivière, devant de très hautes falaises, des montagnes élevées, un paysage magnifique. Soudain une fille surgit les bras plein de légumes et s'adresse a nous comme si on se connaissait depuis toujours. Elle parle un anglais parfait, avec un adorable accent australien (d'habitude l'accent australien est le plus horrible du monde), elle a fait ses études la bas, puis est revenue au pays pour ouvrir sa propre guest house.
-"Vous avez commandé votre repas de ce soir?" Comme si on habitait ici depuis plusieurs jours et qu'on avait largement eu le temps de se faire aux coutumes de l'endroit.
-"Non, justement on vous attendait, et on commande tout de suite."
Elle est adorable, on commence a être rudement contents de s'être fait viré de l'autre hôtel. Tout le monde est gentil ici. Et on nous dit que le repas nous est offert suite aux déboires vus plus haut et suite a la grosse colère de Mr Garden, pourtant déjà oubliée. Des moines en robe orange vif et orange plus foncé se promènent partout.

Le repas est délicieux, comme il est gratuit, on s'offre une bouteille de Merlot du Chili pour fêter notre mauvaise fortune, on entrevoit nettement les contours argenté derrière le nuage noir, le silver lining, (explication du titre pour les non anglophones qui me lisent.)
Grâce au vin et a l'excellent matelas, on dort très bien. Bien sur de l'autre côté de la cloison, a 4 heures du matin, heure des prières et de la méditation, la télé Thaï se met a hurler a nouveau. Robe orange. On dit rien. On se rendort.
Au petit déjeuner, ils sont tous la, les moines, robes oranges, bonnet sur la tête, emmitouflés dans des couvertures, oranges aussi. On est dans les montagnes, il fait très froid la nuit. Ça caille ici. On déjeune dehors sur la terrasse près de la rivière, il fait 8°, peut être 10°. Le pain et le café sont délicieux,  je me lève pour prendre mes bruyants voisins en photo. Ils posent gentiment, l'un d'eux mange du bétel. Je ne conseille pas l'odeur du bétel le matin avant le petit déjeuner. Et comme il y a la wifi partout, dans cette région pas si reculée que ça finalement, je poste les photos sur Facebook. Et je leur montre.

Ils sont fous de joie, ils ont tous leur téléphone portable, ils sont tous abonnés a Facebook! Je tombe des nues. Et moi aussi, je suis folle de joie. On est tous super contents super heureux. On se prend en photos, on se retrouve tous sur les Facebook les uns des autres. Pour que Sathu puisse rentrer mon mail sur son téléphone, je lui prends le téléphone des mains, je tape le numero, et....
Je ne peux pas le lui rendre!! Il ne peut pas accepter quelque chose des mains d'une femme, une qui de plus est debout a sa hauteur! Pourtant la veille a Luang Prabang, j'avais bien compris qu'il fallait être a genoux pour les offrandes, par signe de respect. La ils ont beau être en vacances et très cool, il y a quand même des choses qui ne sont font pas. Bon, je dépose le téléphone dans son écharpe, et l'incident est clos. Je fais encore deux trois gaffes du même acabit, et je comprends enfin a la dernière photo que c'est mieux de m'asseoir par terre, même s'ils me font fait une place sur le banc a leur côté.

Décidément on est super contents d'avoir échoué dans cet endroit extraordinaire, contre notre propre volonté. Cela nous montre que la veille au soir, quand on grognait, c'est qu'on avait pas compris qu'il fallait suivre le flot de la rivière, qu'on était loin du Tao de la vie, et pourtant, notre KARMA nous réservait de belles choses.
Car tout le reste de la journée a été pareil. La rencontre de Suzanne et Hans dans la pirogue qui remonte la rivière Nam Ou jusqu'à Muong Ngoy, la marche dans les rizières asséchées, les villages Hmong, mama Kham, traverser pieds nus la rivière parce que le pont est tombe, les beaux tissus cardés et tissés devant nous, les paysages, le dîner, et tout le reste du séjour, le Laos, les Laos, peuple magnifique et tellement attachant, qu'il restera ancré en nous pour longtemps.


23 décembre 2013

C'est Noël

Euh oui, ça fait déjà un petit moment que je ne suis pas venue par ici. C'est loin la blogosphère, on dirait. Pour la suite du post précédent: c'est pas mal, pourrait être mieux, guérit plutôt mal, faut pas y regarder de trop près. Je fais très attention au soleil.



Et du soleil, il y en a. 
Dans le cœur des gens aussi. J'habite dans un pays musulman. Un vrai pas pour rire, le tribunal de la Charria , un magnifique bâtiment, se trouve non loin de chez moi, et la mosquée chante 5 fois par jour.
C'est Noël, et c'est Noël pour tout le monde.
Dans les magasins, les vendeurs et les vendeuses ont tous un bonnet rouge a pompon sur la tête. Les filles, elles portent leur bonnet par dessus leur foulard. Partout en entend Jinggle Bells et Douce Nuit, les grands magasins sont magnifiquement décorés de scènes de Noël, de la Nativité, de boules gigantesques, de sapins, neiges, étoiles..
En décembre, la première personne a me souhaiter "Selamat Hari Krismas" c'est ma professeur de malais. Tous les jours, les gens dans la rue nous crient "Merry Christmas", les malais, les indiens, les chinois, avec un grand sourire, tout contents pour nous.
La première carte de vœu reçue dit ceci:

"Dato Mustafa, Dato Lubna & family

send you & family their heartiest greetings for

Merry Christmas

&

A Very Happy 2014


Special Prayers for

Peace, Tolerance and Co-existence amongst

Peoples of all Faiths

For

Peace in the World"

D'autres ont suivi, elles disent toutes la même chose, c'est la joie dans le cœur de tous, tout comme c'est aussi la joie pour tous pour le Nouvel An Chinois, pour Dipawali, pour Hari Raya.

On ne pratique pas le politiquement correct dans le pays ou j'habite. On appelle un chat un chat. Un malais est musulman, un indien majoritairement hindou, quelquefois chrétiens ou musulman aussi, un chinois est bouddhiste, ou chrétien. Chacun fait son truc et tout le monde se moque de tout le monde. Les Orang Puteh, (les blancs) sont classes d'office Chrétiens, d'où tous les joyeux Noël a longueur de journée.

La se pose un problème, tu leur dis quoi en retour? Joyeux Noël a toi aussi? J'ai trouve Happy Holidays, le truc politiquement correct, ils se marrent, ils trouvent ça idiot. Ce que je dois faire, c'est attendre le mois prochain pour leur souhaiter Happy (Chinese) New Year, et attendre encore un peu plus longtemps, vers le milieu de l'année, pour dire Selamat Hari Raya (la fin du ramadan), demain j'arrête de répondre Happy Holidays, et je continue de dire merci Thaaank Youuu very much, avec un gros accent français et en insistant sur le merci.

Demain le 24 decembre, je vais guider au musée, qui présente l'Histoire de la Malaisie, avec un bonnet rouge a pompon blanc sur la tête. Musée d'un pays ou l'islam est religion d'état, qui se touve au ministère de la culture, avec des visiteurs et le personnel musulmans. Je vais parler, en galerie B de l'arrivée de l'islam, toujours avec mon bonnet. Et je sais que je ne vais choquer personne, tout le monde va trouver ça sympa, et tout a fait a propos. 

Et pendant ce temps la en France, dans certaines écoles, le Père Noël n'est pas passé pour ne pas heurter certaines sensibilité, on se plaint d'une crèche dans un bureau des Chemins de Fer ...

                                               



                                                           

02 septembre 2013

Mon œil!

Mon ophtalmo est super sympa. Il te parle comme si il te connaissait depuis toujours, comme si on avait été a l'école ensemble, il est très bon docteur aussi. Il est spécialiste de tout un tas de trucs importants pour les yeux, et il adore la chirurgie.
Depuis des années il me dit: 
-"il faut opérer ces paupières, vous verrez, c'est magnifique après."
Moi, je laisse courir, sur que j'ai pas d'beaux yeux, mais je m'en fiche.
Et puis il me l'a dit et redit, un autre docteur m'a raconté que lui il s'était fait refaire les paupières avec Jacques Maroune et qu'il était très content, et que je devrais faire pareil.
Ouais, bon on va voir...


...La, on voit bien que c'est tout vu.
La gourde de première, en juin je le vois pour ma vue, et changer de lunettes au passage, et je lui dit oui, bon, on fait.
Il répond fin août ce serait bien. "Vous êtes libre le 29?" Oui, je suis libre, et je n'y pense plus.
Ah si, en Espagne, avec mes copines je leur dit que je vais me faire remonter les bretelles, euh, non les paupières, et la, il y a deux ou trois qui lèvent le bras pour dire qu'elles l'ont déjà fait.


Alors voilà pour moi, c'est une petite opération toute simple, tout le monde le fait (non, deux, trois copines..) c'est facile, on entre a la clinique, on sort, et j'ai des paupières neuves et remontées.
Gourde deux fois déjà.


Et je ne me pose aucune question! Je ne demande rien aux copines! Je ne vais pas me renseigner sur Google. Je ne googuelise rien du tout. J'oublie presque le jour du rendez vous.
Mais je me souviens a temps qu'il faut prendre des trucs 5 jours avant l'opération, arnica 12 5granules 5 fois par jour, et des Cica Derm pour éviter les gonflements. 
Je prends, je pense a rien, je n'ai pas peur, pas d'angoisse. Il m'a dit une heure avant de partir pour la clinique, il faut avaler un lexomil
La veille du jour dit, la clinique appelle, je suis absente, et je rappelle a 8h du soir, on me donne les deniers conseils. Ah? j'avais pas eu de conseils avant, mais bon, c'est quoi, les conseils? Il faut prendre deux douches une le soir, une avant de partir a la Betadine. 
Ben dis donc, on ne m'a pas dit d'acheter de la Betadine! mais youpi, super, j'en ai dans mes armoires! Un miracle quand même parce que j'ai zéro médicaments dans mes armoires.
Bonjour le démêlage des cheveux sans démêlant après les avoir lavés a la Betadine
Le 29, monsieur Garden, tout gentil, m'amène a la clinique, je plane, j'ai pris mon comprimé, les 4 parties sécables d'un coup, je suis sur un petit nuage, monsieur Garden aussi, hyper cool, et il n'a pas pris de calmants lui, on ne s'inquiète pas ni l'un ni l'autre.


Je suis bien un peu surprise quand on m'installe dans une jolie chambre individuelle, et qu'on me demande de mettre la tenue des grands opérés. Je m'imaginais que j'allais m'allonger sur une chaise médicale, et que hop j'allais avoir des paupières toutes neuves en moins d'une heure.
Triple gourdasse quand même! 
J'ai réalisé le lendemain matin que oui, je venais de vivre une opération de chirurgie esthétique. Et non je ne l'avais pas imaginé une seule minute avant. C'était bien écrit sur un papier que m'avait donne l'ophtalmo, mais la encore, je n'y avais pas prête attention.


J'ai revu deux fois déjà Jacques Maroune, il me dit que c'est magnifique, (on ne le voit pas sur les photos), il me dit que j'ai d' beaux yeux, (c'est la première fois qu'on me dit ça), il me dit que c'est très réussi, et que je vais être encore plus belle, (ça, faut le dire vite.)

Je prends bien tous mes médicaments, les gouttes, les crèmes, les poches de glaçons sur les yeux, je protège du soleil, je cache, je guéris vite, je dirai dans un mois si c'est vraiment réussi.
En attendant, j'ai du point de croix sur les paupières, déjà ça, c'est très joli.

07 août 2013

L'Ardeche médiévale


Fin juin, on arrive dans notre village de l'Ardeche méridionale, et nous décidons de faire ce que nous faisons de mieux: partir se promener, découvrir, s'arrêter, visiter. C'est une occupation que l'on connait particulièrement bien. Et on garde l'entraînement: appareil photo et billet d'avion en poche, on file, on découvre, on est plus fort a ça qu'à remonter des rives de l'Ardeche en faisant un chrono! (Mon meilleur temps est de 24mn, contre 13 mn pour certaines jeunes personnes que je connais!)

Cette fois ci, on a pris la voiture, et la, tout près on découvre de magnifiques villages anciens, des ruelles pavées de galets, des arches, ça grimpe sec, et descend rude, on admire.
Saint Montan, rive gauche, un village médiéval bati entre les V eme et XV eme siècles.
Les vieilles pierres, nous, on adore, nous sommes servis, quand on se promène entre les murs de cette forteresse qui devait être imprenable.
Pas très stables, les belles marches anciennes, et je ne suis pas équipée pour l'escalade! 

Même pas gênée de dire que c'est le plus beau village de France et même du monde pendant que j'y suis! C'est lui qui m'a adopté, je l'aime. D'en haut du château, médiéval of course, on voit le toit de chez moi, de chez mes voisins, de chez mes amis. Et le Saint Romain, la colline au fond, mais haute, cette colline a grimper! 

Le château de Labastide de Virac.

Et puis on a visité, les Vans, des Vans, on est parti voir Banes, Naves et sa jolie église romane, et encore Thines, ne pas faire la route quand on a faim, c'est sans fin, et il y a encore Joyeuse, l'Argentiere, Montréal. Toutes sont des villes ou villages médiévaux.
C'est la que j'ai commence a me demander pourquoi il y avait tant de villages restés a l'époque médiévale en basse Ardèche. 
Comment ils ont fait les ancêtres de monsieur Garden pour tout laisser en l'état? Rester a vivre pareillement a leurs aïeux entre le XII ème et le XX ème siècle? Pas bougé? Pas évolué? 
Leurs villages sont restés tel quel. 
Rues etroites, mal pavees, mal degrossies, aller a vau l'eau pour chercher de l'eau, ils ont vécu entasses les uns sur les autres dans des maisons mal foutues aux gros murs de pierre pour se garder du froid et du chaud. Pas de jardin, mais de la garrigue sans fin. Pas de jardin, donc pas de chiottes au fond du jardin....

....Un autre jour, avec Mireille on a suivi la promenade contée a Balazuc. Pas mon truc la promenade contée, la guide n'en finissait plus, elle s'écoutait parler, et ses histoires n'étaient pas très passionnantes! 
Patrick, l'architecte dit que c'est parcequ'ils étaient pauvres.
Pauvre, l'Ardeche? Même au XV ème et plus tard, ils travaillaient dur, charbon de bois, châtaigners, oliviers, mines d'argent, chèvres, sericulture plus tard, au 19 ème siècle avec la grande aventure de la soie. Et les transports étaient bien en place, chemin muletiers, sentiers, routes, et les rivières partout, qui mènent a la grande autoroute fluviale: le Rhône. Pas loin de tout, non. Pas très riche, mais pas pauvre non plus, je ne crois pas, les ancêtres ardéchois.

Après Balazuc, nous nous sommes promenées a Lanas, tout petit, tout chouette ce village, mon préféré je crois bien.
J'aime les escaliers de pierre. A Lanas, on est gâté, il y des arches et des escaliers en belles pierre de Ruoms partout! 
Et aussi des murs de pierres calcaires et de galets de l'Ardeche, ou de la Beaume, ou du Chassezac. C'est beau.

Les disputes de voisinage entre seigneurs laïques et religieux, les guerres de succession, la croisade contre les Albigeois, les routiers dont Du Guesclin voulait débarrasser le royaume de France au Moyen Age ou les guerres de religion sont quelques unes des périodes d'insécurité qui ont jalonné leur existence. C'est peut être pour toutes ces raisons qu'ils sont restés sans bouger, sans évoluer, sans essayer d'améliorer leur habitat quotidien.
Voilà mes marches préférées, celles de chez moi. Pas les plus belles. Si un jour de trouve un trésor, je les ferai refaire en belles pierres de Ruoms.

Abandonnés parce qu'ils n'avaient plus de raisons d'être, les frontières ayant bougé, ou détruits parce qu'ils représentaient une menace pour la paix et la sécurité dans un Royaume de France où le Roi voulait contrôler ses vassaux, ayant souvent servi de carrières à bon marché après la Révolution, les châteaux féodaux, nos villages médiévaux ont été redécouverts, restaurés, habités a nouveau.
Restés en l'état pendant si longtemps pour notre bonheur aujourd'hui! 

Un grand merci aux soixante huitards courageux qui sont partis loin de la civilisation pour élever des chèvre en Ardeche.

22 juillet 2013

Viens..... Voir les comédiens..

Avignon, l'été, les affiches qui volent dans l'air brûlant, une journée avec les copines, les théâtres minuscules et étouffants, c'est juste le pur bonheur.


Au pied du Palais des papes. Dedans le "In", je ne sais pas ce qui s'y passe.


Dehors, c'est le "Off", et je suis a la fête!


On part de bonne heure le matin, sept filles dans la voiture, le catalogue sur les genoux pour celles qui peuvent lire en voiture.


Je l'ai étudié avant, ce catalogue, j'ai des envies, mais les copines ont téléphoné aux copines, d'autres spectacles ont été choisis, je suis le mouvement, les places sont réservées, on y va.


Je suis déçue par le premier spectacle, obscur et complique ce Discours a la nation de Asciano Celistin, belle performance de David Murgia, un comédien belge, mais faudrait m'expliquer le sens cache de son propos, un truc politique avec la pluie, une chose devant la porte, des miettes, des trucs...
Pleeease, la clef!
La production nous a emmené du Théâtre de la manufacture a la Patinoire, en bus bondé, j'aime pas être debout, et au retour, ils oublient de venir nous chercher. Un bus providentiel de la ville s'arrête a notre niveau, et je préfère payer pour rentrer en ville, la patinoire, c'est loin!...


Après le déjeuner, on s'entasse dans un minuscule théâtre pour écouter un merveilleux chanteur. Laurent Viel vit et fait partager l'émotion des textes du répertoire français comme personne. Un vrai bonheur. Il a pourtant fait éteindre la clim de son théâtre mouchoir de poche, surchauffé, et carrément puant la transpiration, moi comprise.


Un peu de frais pendant le repas, et puis, y avait plus de place sur la place. Sous les marronniers couverts d'affiches.


Place des châtaignes. C'est moi qui les ai entraînées vers cette jolie placette, elle tient un grand rôle dans le roman que je suis en train de lire, dont l'histoire se passe a .....Avignon, durant le festival. Tu sais, l'été du festival tout raté, tout de guingois, celui de la grève des comédiens. Le livre est passionnant, tu retrouves l'ambiance du festival, tu le vis de l'intérieur, j'aime l'écriture hachée et vivante de Claudie Gallais, j'en suis au milieu, je lis lentement pour faire durer le plaisir plus longtemps.


Bon.. A va voir quoi maintenant, Faustine?

Ben dis donc, Faustine, c'était pas tellement une bonne idée d'aller s'intéresser aux Shaggs, groupe de rock raté des années soixante. Mais c'était amusant. Très joli décors, dehors, a la Parenthèse rue des Études, et au premier rang, on a eu de la place pour allonger les jambes, c'était déjà ça de gagne!

Allez, c'est moi qui décide de la programmation de notre prochaine sortie, et si j'aime pas, je ne pourrai me plaindre qu'à moi-même!










02 juillet 2013

Champagne!

Sous la pression de la demande populaire, merci Cécile, Max et les autres, j'entrouve les persiennes de ce blog fermé  depuis trop longtemps. Et je vais essayer de les tenir ouvertes.

Des les premiers jours de ce joli mois de juin 2013, j'ai décidé de compter le nombre de bouteilles de Champagne qui allaient être ouvertes devant moi. On rentre de Malaisie, et c'est la fête. On part avec les amis en Espagne, et c'est la fête. A Labastide, la on ne compte plus!
Je le dis alors? Même pas honte? Non, non, pas alcoolo, je ne les ai pas toutes bues a moi toute seule, j'ai eu de l'aide, mais j'ai bien pris une a deux coupettes (peut être même trois) de chacune des trente et une bouteilles dont les bouchons ont saute de plaisir devant nous tous réunis.

Avec maman au restaurant de mon cousin, LE BRUANT a Saint Porchaire, c'est lui qui a offert le Champagne.



Avec les copains en Espagne, on ne s'embête pas, on fait une table de filles, une table de gars, comme ça on peut parler d'autres choses que de golf, et on ne manque pas de sujets de conversation! (Il en manque sur la photo, cette année, nous étions 16). 
Tous les soirs, on fait "apéro Champagne" dans une chambre a tour de rôle, a raison de deux bouteilles par soir.


Pour fêter la naissance de la gentille Tilia, toute douce, toute mignonne, un amour.


C'est le papa de Tilia qui nous a envoye cette bouteille, car il n'était pas invite a ce dernier dîner a la maison. Stif, je suis sûre que tu n'as pas tant de rancunes que ça! Et cette bouteille faisait partie des dix que nous avions partagées chez vous quelques jours avant. Merci Stephen. Merci a vous, tous mes amis.

Maintenant je commence a compter celles de juillet! 

19 septembre 2012

L'été malade



Ce qui est bien avec leur materiel ultra moderne #alapointedelatechnologie# c'est qu'ils peuvent te dire que tu vas avoir un cancer longtemps avant même qu'il te tombe sur la tête.

 ...C'est juste ce que je viens d'attraper...
Apres moult examens et un été en train entre l'Institut qui s'y connaît et la maison*, on m'annonce ce matin que non, je n'ai pas de cancer, que oui, peut etre bien plus tard, et qu'on va donc enlever le morceau de peau qui nous embête bien.

Un ex futur cancer du sein gauche découvert en juin lors du contrôle de routine, dans un coin difficile à biopser et compliqué pour les géniales docteures qui se sont occupées de moi.
Des millions de merci à elles, et zut et re-zut car tous ces minuscules micro-calcifications me laissent en France sur le carreau.


Au lieu de guider au Musée National de Kuala Lumpur, au lieu de rejoindre Monsieur Garden dans son usine, au lieu de courrir comme une dératée pour ne pas être en retard à l'école et finir dans la piscine, au lieu du soleil et des orages, de mon Grand Garçon, du Club de Lecture, de Anna et ses Garçons, des copines, je vais profiter des premiers frimas, des chiens aboyeurs du voisin, de la vie en célibataire, de la maison fermée pour l'hiver, triste et froide.
                                                              Maintenant, attendons.



*note à qui de droit: et sans black tooth

24 juillet 2012

Hey You! Long time no see...

Alors pourquoi? Qu'est ce? Parce que Madame aime jouer avec son I Pad, a laisser tomber son portable, et n'avait pas pris le temps ni même eu l'idée de voir si on pouvait trouver une application entre blogger et iPad... Pff la feignasse...
Mon problème était les photos, sans photos, pas de blog, mon truc, c'est commenter sur des photos... Bon alors voilà, j'ai trouve.
Ha ok ce n'est pas si simple. Voilà un essai alors.

Blogger et iPad

Aie, j'ai bien envie de revenir ici raconter des trucs et des machins, choisir des photos vous dire des secrets et autres choses.... Mais dites moi,ceux qui savent, on ne peut pas mettre des photos avec l'Ipad sur blogger? Soit je ne sais pas m'en servir, soit ce n'est pas compatible. J'ai planqué maintenant l'ordi portable sous le canapé, je n'ai pas tellement envie de le ressortir juste pour le blog. Pas de photo - pas de blog. Ha ha tout cela est bien ennuyeux alors.

20 mai 2012

Martina Rozells

  
L'acquisition de Penang, et l'établissement du comptoir de l'Ile du Prince de Galles en 1786, un événement qui a mené les Britanniques a conquérir le reste de Malaya a peut être bien été amené par la relation très spéciale de Francis Light et de
MARTINA ROZELLS

À la fin du 18 eme siècle, le Kedah est sous la domination du Siam. Le Sultan doit allégeance au roi de Siam, il n'est pas vraiment le maitre en son royaume, alors quand les britanniques l'approchent pour louer l'île de Penang, cela lui donne authenticité, et par delà le pouvoir de décider ce qu'il peut faire de ses terres.
De plus, avoir la protection des anglais lui permettrait de combattre et se débarrasser de la suzeraineté encombrante au Roi de Siam.
On sait que le Sultan à dit: "Prenez mon île et Prenez mes ennemis".
Il tient à avoir la protections des Britaniques contre le Siam.


Selon de nombreuses sources contemporaines de l'époque, y compris l'affirmation même de son fils le Colonel William Light, Martina Rozells est la fille du Sultan Muhammad Jiwa Zainal Adilin II (reigne 1710 to 1778), le 19eme sultan du Kedah, et d'une de ses femmes de second rang.
Pourquoi de second rang,?
Le sultan est agee, il a deja plusieurs epouses et sa descendance est assuree. Celle ci vient plus tard, elle est jeune, sa mere est siamoise, son pere est d'origine portugaise.
Elle est catholique, et non! on ne lui demande pas de se convertir pour epouser le Sultan. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on prefere dire que Martine est une enfant adoptee.

Elle est née aux environs de 1762.
On l'appelle MARTINA ROZELLS pour accentuer et mettre en valeur son identite europeene, elle garde la religion catholique de sa mere.
Et dans la littérature, on la trouve souvent appelée La Princesse du Kedah.
Elle parle le thaï, le malais, et elle apprend l'anglais par la suite.




Le sultan connaît Francis Light, ( ne en 1740) ils s'entendent bien, Francis aussi parle le malais et le thaï, tout cela a du peser dans le fait qu'il présente Martina à Francis dans le courant des négociations pour l'acquisition de l'île.
Ils sont mariés à la cour du Sultan. Ils vont vivre ensemble pendant 22 ans.
Dans une déclaration de 1848, dans l'East Indian Gazeteer à propos de l'acquisition de
Penang par la Compagnie on peut lire ceci: "l'île de Penang à été accordée à Martina
par le Sultan à l'occasion de son mariage avec Francis Light.
A la suite de ce mariage, Light reçoit le titre de Deva Rajah, un titre honorifique
traditionnellement réservé aux plus hautes personnalites de la Cour et à la famille du
Sultan. De ce fait Light s'établit dans les rangs de l'aristocratie malaise.


Malgré tout aux yeux de L'Honorable Compagnie des Indes Britanniques Martina et Francis Light ne sont pas mariés. Jamais la Compagnie des Indes ne reconnaîtra ce mariage.
Pourquoi?
Plusieurs barrages ont empêché cette union:
1- elle est demie caste.
Aujourd'hui on dirait qu'elle est eurasienne, au 18 eme siècle, on disait qu'elle était demie-caste asiatique, on la regardait de haut dans la communauté anglaise. C'était un petit monde Penang à cette époque, c'était le début de l'installation des premiers colons anglais, ils venaient principalement d'Inde et considéraient comme personnages
importants, même si la vie ne devait pas être très facile sur une petite île.
2- La religion Light était un officier anglican de l'église réformée d'Angleterre qui n'avait aucunement la possibilité de se marier avec une femme catholique. Au 18 eme siècle, il y avait encore de gros préjugés contre les catholiques, (ils avaient été persécutés à l'époque d'Henry VIII)
3- C'est une "native" Light ne pouvait pas se marier avec elle à cause de la pression sociale associée avec un officier britannique qui a une relation avec "une native". Ça ne se faisait pas, les employés qui n'étaient pas mariés avaient le droit d'avoir "des relations" avec des dames du pays, prendre une maîtresse, mais pas de lui apporter la naturalisation britannique par le mariage.

Cette pression a existe jusqu'à la fin de la décolonisation. ( cette information m'a été donnée de vive voix par un ancien responsable de la Socfin, grandes plantations
d'hévéas, société française, exploitée par les britanniques, les règles de vie y étaient a peu de choises pres les mêmes que celles du 18 eme siècle)
4- Les règles de la Compagnie
Light aurait perdu sa réputation et à la suite son travail s'il avait annoncé officiellement
qu'il était marié avec Martina.

De ce fait, elle a du se faire accepter, aux yeux de l'administration de la Compagnie des
Indes comme la femme qui cohabitait avec Light. Comme une maîtresse officielle, mais
pas comme sa femme légale.

Ci dessous, la Maison de Suffolk House, la maison de Martina.

Elle a eu cinq enfants, elle devait être de solide constitution, car on mourrait très jeune

en couches à cette époque. Deux garçons: William, né en 1786 (1839) et Francis
Lanoon, et trois filles Sarah, née en 1779 (1839) Mary et Anne.

Francis Light est mort en 1794, en laissant à elle et aux enfants toutes ses possessions, et la magnifique maison Suffolk House, les terres autour défrichées et cultivées, toutes les plantations de poivriers, muscade, épices qui etaient l'or de l'epoque.

Mais après sa mort, ses associés ont promptement fait transférer ses biens en leur
noms, dont bien sur le palais de Suffolk House.

Martina s'est battue en justice, elle a cherche à défendre ses biens, principalement au
nom de ses enfants.
Mais elle n'était pas mariée légalement, et comme on l'a dit plus haut, une demie-caste,
elle ne pesait rien devant l'administration de la Compagnie.
Elle s'est battue longtemps, n'a pas cédé à la pression, et en 1811, soit 17 ans après la
mort de Francis Light, on lui a donné une pension pour faire arrêter les poursuites,
mais elle avait déjà perdu sa belle maison.
L'Honorable Compagnie préférait voir cette demeure dans des mains britanniques plutôt que de voir la justice se faire. Selon le département de la conservation du Patrimoine Suffolk Estate a été vendu en 1805 par les exécuteurs testamentaires de Light à William Edward Phillips, un des premiers gouverneurs de Penang.

A cette époque elle s'était remariée avec John Timmers en 1799, c'est ce mariage qui a
inauguré la petite chapelle que l'on voit encore aujourd'hui à l'intérieur de fort Corwallis.
(on ne sait rien de John Timmers, il était probablement catholique lui même, et pas un
officier de la Compagnie des Indes car lui n'a pas eu l'air d'avoir de problème pour se marier religieusement avec une demie-caste!)

Et l'histoire de Martina ne s'arrête pas la, elle se poursuit avec ses enfants:


Son fils William est ne le 27 avril 1786 dans le Sultanat du Kedah, a Kuala Kedah, peut être était-elle en compagnie de sa mère pour la naissance.
Comme ses parents n'étaient pas maries, il est considéré comme fils illégitime.
Il a grandi à Penang, probablement dans la belle maison Suffolk House, que son père venait de construire, jusqu'à l'âge de 6 ans. Car a 6 ans, il a été envoyé a l'école en Angleterre. À 13 ans il s'est engagé dans la Marine Royale, il a ét officier colonial et par la suite le premier Urbaniste de la colonie d'Australie du Sud. il est célébre car c'est lui qui a choisit le lieu pour la capitale Adélaïde, il a dessine le plan général de la ville pres d'une riviere, et les grands parcs qui la borde. Ce qui est aujourd'hui encore considéré comme une totale réussite.
Il est mort de la tuberculose a l'age de 53 ans.



Sarah, sa seconde fille est née en 1779, elle se marie le 28 décembre 1794 (elle a 15 ans) à Calcutta au Général Welsh, un officier de la Compagnie des Indes, ne en 1775 (il
a 19 ans), elle se marie dans la haute société, à une famille riche et respectée, son
beau père a été un des directeurs de la Banque de Calcutta.
Sarah a eu beaucoup d'enfants (solide constitution comme sa mère) dont 7 ont
survécus jusqu'à l'âge adulte.
Un de ses fils, William J.Welsh est mort en 1846 à 31 ans dans le Missouri d'un accident de cheval. À sa mort, il faisait des études de médecine, il a laisse un fils John
W. Welsh.
Bien qu'il soit mort jeune et qu'il n'ait pas termine ses études de médecine, William, le petit fils de Martina Rozells a commenc une lignée de médecins et de chirurgiens qui continue jusqu'à ce jour.
Encore aujourd'hui, on trouve aux États Unis, en Australie des Welsh, médecins,
chirurgiens chercheurs célèbres.
Les six filles de Sarah et du Général ont eu elles mêmes de nombreux enfants qui ont établit des branches familiales en Australie,en Nouvelle Zélande, et en Grande Bretagne.






Document: La Gazette de Calcutta de 1848:
The statement of the 1848 edition of the East
Indian Gazeteer as to the acquisition of
Penang was as follows: 'it was granted to
Francis Light ... by the King of Kedah as a
marriage portion with his daughter'. Light
subsequently received the exalted title of
Deva Raja, an honorific traditionally reserved
for the highest court officials in the?